il était une fois

Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 22:18
renboucUn renard étant tombé dans un puits se vit forcé d’y rester.
 Or un bouc pressé par la soif étant venu au même puits, aperçut le renard et lui demanda si l’eau était bonne.
 Le renard, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, fit un grand éloge de l’eau, affirmant qu’elle était excellente, et il l’engagea à descendre.
 Le bouc descendit à l’étourdie, n’écoutant que son désir.
 Quand il eut étanché sa soif, il se consulta avec le renard sur le moyen de remonter.
 Le renard prit la parole et dit :
 « J’ai un moyen, pour peu que tu désires notre salut commun.
 Veuille bien appuyer tes pieds de devant contre le mur et dresser tes cornes en l’air ; je remonterai par là, après quoi je te reguinderai, toi aussi ».
 
grimoire-colo
 
 Le bouc se prêta avec complaisance à sa proposition, et le renard, grimpant lestement le long des jambes, des épaules et des cornes de son compagnon, se trouva à l’orifice du puits, et aussitôt s’éloigna.
 Comme le bouc lui reprochait de violer leurs conventions, le renard se retourna et dit :
 « Hé ! camarade, si tu avais autant d’idées que de poils au menton, tu ne serais pas descendu avant d’avoir examiné le moyen de remonter. »
 
C’est ainsi que les hommes sensés ne doivent entreprendre aucune action, avant d’en avoir examiné la fin.
 
(Fable d'Esope)
 
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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 22:45
renard 0Le lion devenu vieux était couché, malade, dans son antre, et tous les animaux étaient venus rendre visite à leur prince, à l’exception du renard.
 Alors le loup, saisissant l’occasion favorable, accusa le renard par-devant le lion :
 « il n’avait, disait-il, aucun égard pour celui qui était leur maître à tous, et c’est pour cela qu’il n’était même pas venu le visiter. »
 Sur ces entrefaites le renard arrivait lui aussi, et il entendit les dernières paroles du loup.grimoire-colo
 Alors le lion poussa un rugissement contre le renard. Mais celui-ci, ayant demandé un moment pour se justifier :
 « Et qui, dit-il, parmi tous ceux qui sont ici réunis, t’a rendu un aussi grand service que moi, qui suis allé partout demander aux médecins un remède pour te guérir, et qui l’ai trouvé ? »
 Le lion lui enjoignit de dire aussitôt quel était ce remède. Le renard répondit :
 « C’est d’écorcher vif un loup, et de te revêtir de sa peau toute chaude. »
 Le loup fut incontinent mis à mort, et le renard dit en riant :
 « Il ne faut pas exciter le maître à la malveillance, mais à la douceur, »
Cette fable montre qu’en dressant des embûches à un autre on se tend un piège à soi-même.
(Fable D'ésope)
 
  

 

 

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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 18:27
rossiUn rossignol perché sur un chêne élevé chantait à son ordinaire.
 
 Un épervier l’aperçut, et, comme il manquait de nourriture, il fondit sur lui et le lia.
 
 Se voyant près de mourir, le rossignol le pria de le laisser aller, alléguant qu’il n’était pas capable de remplir à lui seul le ventre d’un épervier, que celui-ci devait, s’il avait besoin de nourriture, s’attaquer à des oiseaux plus gros
grimoire-colo
 
. L’épervier répliqua :
 
 « Mais je serais stupide, si je lâchais la pâture que je tiens pour courir après ce qui n’est pas encore en vue ».

(fable d'ESOPE)
 
 
 
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 04:12

fond-ecran-noel10-1024

 

C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,
A l'heure où tout est calme, même les souris.

 

On avait pendu nos bas devant la cheminée,
Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

 

Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,
Les enfants sages s'étaient déjà endormis.

  

Maman et moi, dans nos chemises de nuit,
Venions à peine de souffler la bougie,

Quand au dehors, un bruit de clochettes,
Me fit sortir díun coup de sous ma couette.

 

Filant comme une flèche vers la fenêtre,
Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

 

Au dessus de la neige, la lune étincelante,
Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

 

Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,
Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

Dirigés par un petit personnage enjoué :
C'était le Père Noël je le savais.

  

Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.

 
Et lui chantait, afin de les encourager :
" Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !

 
En avant Comète et Cupidon ! Allez Eclair et Tonnerre !

 
Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !

 
Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! 

 

Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,
Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles ,
Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,
Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

 

Peu après j'entendis résonner sur le toit
Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

  

Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,
Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

 

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,
Etaient un peu salis par la cendre et la suie.

 

Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,
Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

 

Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,
Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

Une petite bouche qui souriait tout le temps,
Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

 

De sa pipe allumée coincée entre ses dents,
Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

 

Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond
Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

 

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,
Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

 

Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête,
Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

  

Puis sans dire un mot, car il était pressé,
Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,
Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,
Avant de disparaître dans la cheminée.

 

Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

 

Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

 

Avant de disparaître le Père Noël cria :
" Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit "

 

(auteur: Clément Moore)

 

 

 

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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 16:36

oies

 

Un homme avait l'immense bonne fortune de posséder une oie merveilleuse.

 

 Chaque jour, elle pondait un œuf d'or.

 

L'homme s'enrichissait mais, plus il en avait, plus il en voulait. Il décida d'avoir tout le trésor à la fois, et tua l'oie.

 

grimoire-colo

 

 Mais quand il l'eut tuée et lui eut ouvert le ventre, au lieu de trouver un tas d'œufs d'or, il découvrit qu'elle était comme toutes les oies.

 

L'impatience ne paie pas.

 

(fable d'Esope)

 

(illustration: "balade en famille" d'Yves Goury)

 

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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 23:17

mon coq 2

 

Sur la branche d'un arbre était en sentinelle
Un vieux Coq adroit et matois.

 
"Frère, dit un Renard, adoucissant sa voix,
Nous ne sommes plus en querelle :
Paix générale cette fois.

 
Je viens te l'annoncer ; descends, que je t'embrasse.

 
Ne me retarde point, de grâce ;
Je dois faire aujourd'hui vingt postes sans manquer.

 
Les tiens et toi pouvez vaquer
Sans nulle crainte à vos affaires ;
Nous vous y servirons en frères.

 
Faites-en les feux dès ce soir.

 
Et cependant viens recevoir
Le baiser d'amour fraternelle.

 

grimoire-colo

 
- Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais
Apprendre une plus douce et meilleur nouvelle
Que celle
De cette paix ;
Et ce m'est une double joie
De la tenir de toi.

 Je vois deux Lévriers,
Qui, je m'assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie.

 
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous.


Je descends ; nous pourrons nous entre-baiser tous.


-Adieu, dit le Renard, ma traite est longue à faire :
Nous nous réjouirons du succès de l'affaire
Une autre fois.

 

 Le galand aussitôt
Tire ses grègues, gagne au haut,
mal content de son stratagème ;
Et notre vieux Coq en soi-même
Se mit à rire de sa peur ;
Car c'est double plaisir de tromper le trompeur.

 

(Jean de La Fontaine) 

 

 

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 15:52

la princesse et la grenouille

 

"Les Grenouilles qui demandent un roi"

 

Les grenouilles se lassantde l'état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.


Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique:

 
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S'alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau.

 
Or c'était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui, de le voir s'aventurant,
Osa bien quitter sa tanière.

 

grimoire-colo

 
Elle approcha, mais en tremblant;
Une autre la suivit, une autre en fit autant:

 
Il en vint une fourmilière;
Et leur troupe à la fin se rendit familière
Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.
Le bon sire le souffre et se tient toujours coi.


Jupin en a bientôt la cervelle rompue:


«Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue.»

 
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir;
Et grenouilles de se plaindre.

 
Et Jupin de leur dire:« Eh quoi? votre désir
A ses lois croit-il nous astreindre?

 
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement;
Mais, ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fut débonnaire et doux
De celui-ci contentez-vous,
De peur d'en rencontrer un pire.»

 

(Jean de La Fontaine)

 

 



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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 00:05

bougie  

  

La Cire gémissait d’être molle et de céder facilement au coup le plus léger.

 Voyant au contraire que les briques faites d’une argile beaucoup plus molle encore parvenaient, grâce à la chaleur du feu, à une dureté telle qu’elles duraient des siècles entiers, elle se jeta dans la flamme pour arriver à la même résistance, mais aussitôt elle fondit au feu et se consuma.
Cette fable nous avertit de ne pas rechercher ce que la nature nous refuse.

 

grimoire-colo

 

(fable d'Esope) 

 

 

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